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Ecurie Kevyn Thonnerieux

Actualités de l'écurie Kevyn Thonnerieux, entraîneur et driver de chevaux de courses

Confessions d'un propriétaire dans l'expectative

Une fois n’est pas coutume, c’est un copropriétaire de quelques chevaux au sein de l’écurie KT qui va s’exprimer, une envie de prendre la parole après une année rude et éprouvante. 2020 ne restera pas dans les annales, si ce n’est pour de mauvaises raisons, beaucoup de personnes ont souffert, de par la maladie ou économiquement mais pas seulement. En effet, à cause de cette crise sanitaire sans précédent, nous avons dû nous adapter à une nouvelle manière de vivre, ce qui n’a pas été simple à gérer, nous avons dû mettre pas mal de choses de côté par la force des choses.

En raison du COVID-19, nous avons dû subir deux confinements, un couvre-feu et plein de restrictions dans notre vie de tous les jours, il a fallu s’adapter pour le bien de tous, ce que nous pouvons aisément comprendre au vu de la gravité de la situation, sauf pour les réfractaires des réseaux sociaux. En tant que propriétaire, nous avons respecté scrupuleusement le cahier des charges imposé par LeTrot et par le gouvernement pour que nos chevaux puissent à nouveau retrouver les pistes. Après deux mois de confinement, nous avons été autorisés à retourner sur les hippodromes durant l’été, nous avons pu revoir nos chevaux en piste, pour notre plus grand bonheur, même si le climat ambiant était totalement différent. Avec le port du masque obligatoire, la distanciation sociale et les autres mesures, il régnait une ambiance particulière dans les écuries, heureusement que le public était présent pour donner l’impression que rien n’avait réellement changée. La joie fut de courte durée lorsque le gouvernement a pris de nouvelles mesures à l’automne. Le second confinement fût plus dur à vivre, le soleil était moins présent, le froid a commencé à faire son apparition, bref, le confinement a touché le moral de pas mal de Français, ce qui n’avait pas été forcément le cas la première fois. Côté hippique, les socioprofessionnels ont pu poursuivre leur activité, une bonne nouvelle pour l’ensemble de la filière mais il fallait pour cela respecter un cahier des charges bien précis, ce qui a été fait et bien fait dans l’ensemble. A la fin du second confinement et la mise en place d’un nouveau couvre-feu, les propriétaires ayant un partant avec leurs couleurs ont été autorisés à se rendre de nouveau sur les champs de courses, ce qui n’était pas le cas pour leurs éventuels associés n’ayant pas de casaques à leurs noms. Ce compromis a été accepté sans sourciller, inutile de faire de vagues en cette période déjà suffisamment compliquée, pourtant, elle a laissé de nombreux copropriétaires sur le bord de la route. Au final, sans casaques, pas d’hippodromes même si vous êtes majoritaire sur l’un de vos chevaux.

Le sentiment est mitigé, ne plus pouvoir vivre sa passion pleinement avec l’impossibilité de voir ses chevaux courir comme avant a été dur et éprouvant même si nous avons pu, de temps en temps, les admirer à travers notre petit écran. Nous pouvons tous comprendre et accepter les mesures mises en place mais au fil du temps ne plus pouvoir sentir l’atmosphère des jours de courses, la convivialité au sein des écuries ou encore se réunir pour partager notre passion a fini par être décourageant. A ce jour, personne ne sait si nous pourrons retrouver le chemin des hippodromes, peut-être au printemps, lorsque le virus sera moins virulent. D’ici là, beaucoup finiront peut-être par rendre les armes, moi le premier, à moins de briser les interdits comme certains aiment à la faire assez régulièrement. Pour ma part, je dois être un imbécile de respecter les règles imposées, pour ma santé et celles d’autrui. La passion est toujours là mais ce manque de lien social à travers les courses est impossible à combler, quelque chose s’est cassée, je me sens écarté, mis de côté et l’envie d’arrêter pour passer à autres choses commence à me traverser l’esprit. Arrêter et attendre des jours meilleurs pour mieux repartir est peut-être l’option la plus facile à prendre mais il ne faut jamais prendre de décisions hâtives sur un coup de tête. A ce jour, je demeure dans l’expectative, peut-être ne suis-je pas le seul à être dans ce cas ou alors le confinement a été plus dur à vivre pour moi que pour d’autres. D’ici quelques semaines ou mois, les questions que je me pose n’auront peut-être plus lieu d’être ou alors un nouveau confinement aura eu raison de moi, seul l’avenir nous le dira. Nul ne sait si le monde d’avant sera de retour un jour ou l’autre, si les courses hippiques vont pouvoir survivre bien longtemps, nous sommes dans un flou artistique absolu qui fait froid dans le dos.

En attendant des jours meilleurs, nous pouvons espérer que LeTrot sera prendre en compte notre disparition des hippodromes, qu’ils sauront faire un geste au moment du renouvellement des cartes de propriétaires.  Ce n’est pas le prix prohibitif de la carte à laquelle nous attachons de l’importance, mais un acte symbolique serait le minimum pour reconnaitre notre mise à l’écart. Nous nous faisons aucune illusion à ce sujet, surtout en cette période de crise où le moindre centime est très important à leurs yeux, nous savons pertinemment qu’aucun cadeau ne nous sera fait, Noël est déjà loin.

 

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O
Je poste cet article sur Facebook. J'ai la même philosophie et je respecte les règles pour le bien de tout le monde. Ce virus touche tout le monde et l'égoisme n'a pas sa place en ces temps de crise. Espérons sortir sans dommages que ce soit sanitaires ou économique pour retrouver des jours meilleurs
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