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Ecurie Kevyn Thonnerieux

Actualités de l'écurie Kevyn Thonnerieux, entraîneur et driver de chevaux de courses

Le jour d'Après

La seconde quinzaine de confinement est désormais bien entamée dans l’hexagone, nous allons attaquer une nouvelle période difficile qui risque de durer encore plusieurs semaines, le temps de venir à bout de ce COVID-19 qui empoisonne la vie de millions de personnes à travers le monde. Toutes les écuries sont dans l’obligation de s’adapter à ce nouveau mode de vie, sachant que nous n’avons aucune idée sur une éventuelle reprise de notre activité. Les entraîneurs, comme l’ensemble de la population, naviguent à vue, nous vivons tous au jour le jour dans l’espoir d’une bonne nouvelle.

 

 

En attendant l’heureux dénouement, il faut déjà penser à la future réorganisation de nos courses, Yannick-Alain Briand s’est déjà prononcé à ce sujet, il a suggéré aux instances de prévenir, en amont, l’ensemble des professionnels avant un retour aux affaires. Une quinzaine de jours seront amplement suffisants pour affûter correctement nos chevaux en vu d’un retour sur les hippodromes. Un nombre important de courses n’auront pas pu se disputer durant cette phase de confinement, l’enveloppe allouée à ces courses sera assez conséquente mais nous savons pertinemment qu’il sera presque impossible de reprogrammer l’ensemble des réunions d’ici la fin de l’année. Dans le sud-est, nous connaissons toujours une période relativement calme en octobre et novembre, il serait peut-être judicieux de programmer une partie de ces courses à cette période, tout en ajustant les conditions de course dans certaines catégories. Les places seront chères dans les petites catégories, certains chevaux n’auront pas suffisamment de gains pour y participer, il faudrait peut-être envisager des priorités pour les chevaux éliminés afin que tout le monde puisse courir de manière régulière. Il serait également pertinent, à la reprise, de réserver nos courses en priorité aux chevaux de la région, ceux ayant été entraîné par les professionnels du quart-sud-est (ou sud-est) au 1er janvier 2020. Enfin pour permettre à tout le monde de pouvoir courir ses chevaux, petites ou grandes structures, il faudrait limiter à 3 partants maximum par entraîneur et par course, ainsi, personne ne serait léser en mettant en place une telle mesure durant quelques mois. Nos dirigeants ont suspendu l’échéance pour les chevaux n’ayant pas les gains nécessaires pour continuer à courir au 31 mars, il en va de même pour les requalifications, nous pensons qu’il faudra aller au-delà pour tenter de sauver des chevaux en manque de gains, il sera nécessaire de repousser l’échéance pour le bien des propriétaires et des petits entraîneurs et revoir ses conditions pour 2021.

 

 

L’Etat a pris certaines dispositions sur le court terme, mais tout cela reste encore bien insuffisant pour nous permettre de continuer notre activité si la situation devait perdurer. Sans rentrée d’argent, il sera bien difficile de remonter la pente, certains d’entre nous n’en auront pas les moyens ni la force. Désormais, nous avons la possibilité d’emprunter auprès des banques pour nous maintenir la tête hors de l’eau durant cette crise sanitaire sans précédent, ce qui est une bonne chose, mais attention au retour de manivelle, certains pourraient très bien s’endetter et ne jamais s’en remettre, il faudra une bonne gestion de tout à chacun si nous ne voulons pas voir la faillite de nos structures. Dès la reprise de notre activité, LeTrot devrait aussi nous permettre d’avoir accès aux gains pris par nos chevaux dans les 72 heures maximum, contre 12 à 14 jours habituellement. Cette mesure permettrait à tous les entraîneurs de retrouver un peu de trésorerie afin de pouvoir repartir de bons pieds le plus vite possible.

 

 

Tout ceci n’est qu’une ébauche d’idée, nous ne pensons pas détenir la vérité, il faudra que nos instances nous défendent au mieux auprès de l’Etat pour que nous puissions repartir dans les meilleures conditions. Nos courses ont dû s’arrêter dans l’intérêt collectif, un coup d’arrêt brutal que personne n’aurait pu imaginer, même dans le pire de nos cauchemars. Nous sommes comme l’ensemble de nos contemporains, nous n’avons plus aucune rentrée d’argent, seules les pensions nous permettent de tenir le choc pour une durée déterminée mais la situation va devenir de plus en plus préoccupante, aucun secteur d’activité ne pourra survivre à plusieurs mois d’immobilité. Les dégâts ne seront pas visibles immédiatement, mais 2021 pourrait être une année dévastatrice, le risque de voir disparaître de nombreux noms sur les programmes de courses est tout sauf utopique, surtout en cas de nouvelle baisse des allocations, qu’il faudra éviter absolument. Nous espérons tous que le confinement ne durera pas éternellement, que le COVID-19 sera bientôt vaincu et que chaque Français retrouvera une vie à peu près normale ou presque car plus rien ne sera jamais comme avant.

 

 

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