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Ecurie Kevyn Thonnerieux

Actualités de l'écurie Kevyn Thonnerieux, entraîneur et driver de chevaux de courses

La reprise OUI mais sans avoir à payer le prix fort

A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous n’avons pas encore de retour sur la réunion de nos instances dirigeantes avec le ministre des Finances et de l’Agriculture pour une éventuelle reprise des courses hippiques en France. Ce mardi 21 avril devrait être en principe décisif, reste maintenant à connaitre les modalités à respecter pour la rentrée des classes et de l’aide apportée par l’Etat à la filière pour que l’ensemble puisse reprendre une activité à peu près normale. Normal, rien ne le sera, tant que cette épidémie ne sera pas éradiquée, la crise économique qui se profile n’annonce rien de bon. Nous risquons de reprendre le chemin des hippodromes tant bien que mal dans des conditions très particulières.

 

 

A la sortie de ce rendez-vous capital pour les socioprofessionnels, nous devrions connaître les décisions et peut-être une date précise pour retourner sur les champs de courses. La tendance va vers une reprise partielle avec uniquement les réunions PMU prévus au programme, le PMH a été mis sur la touche pour le moment. Ce choix discutable a pour but de relancer la machine PMU en attendant un retour à une activité quasi normale, ce qui permettrait au PMU de nous garantir les allocations, ce qui ne peut être le cas actuellement sans l’aide de l’Etat. D’un point de vue sanitaire, le problème peut-être important, les entraîneurs de chaque région auront la possibilité de se déplacer à travers la France entière et ainsi propager le virus. Il aurait été plus sage, dans un premier temps, de pouvoir courir uniquement région par région pour ne pas exporter le virus dans des endroits peu touchés par l’épidémie. Cette mesure n’a pas semblé être la plus adaptée par nos instances, ils avaient certainement d’autres priorités que la sécurité des personnes. Cependant nos dirigeants ont fait le nécessaire pour s’assurer que les mesures barrières soient bien respectées pour la reprise. A nos yeux, au-delà de l’aspect financier, il serait plus judicieux de prioriser les courses aux régionaux afin de limiter les déplacements qui pourraient engendrer une seconde vague que tout le monde voudrait éviter. En cas d’un nouvel arrêt des courses hippiques et de l’activité du PMU, l’ensemble de la filière équine pourrait ne jamais s’en relever, il faut tout mettre en œuvre pour éviter le pire. 

 

 

Concernant les réunions PMH, elles ne pourront se tenir en l’état actuel, les sociétés-mères n’ayant pas les reins assez solides pour les maintenir malgré l’aide de l’Etat. Pourtant, dans le sud-est, plusieurs hippodromes ont suffisamment de ressources pour maintenir leurs réunions avec l’autorisation de nos instances, elles peuvent se permettre de courir à huis-clos cette saison en attendant des jours meilleurs. Certes, cela ne sera pas le cas pour l’ensemble de nos petits hippodromes, beaucoup d’entre eux n’en auront pas les moyens. Cela fait des années que l’Etat et nos instances ont pour ambition de fermer certains champs de courses, il ne faudrait pas qu’ils profitent de la crise sanitaire et économique pour arriver à leurs fins. Nos dirigeants ne doivent pas oublier que ces petits hippodromes font vivre 75% des entraîneurs de l’hexagone, la plupart d’entre nous ne possèdent pas la qualité de chevaux pour gagner leur vie à Vichy, Cagnes-sur-Mer, Caen ou Cabourg, nous ne pouvons pas lutter face à l’armada des grosses écuries. C’est également sur ces petits champs de courses que peuvent se révéler certains chevaux ‘moyens’, notre petite championne Félicia de Bess en est le parfait exemple. La petite jument n’avait couru que sur des petites pistes en herbe sans vraiment y briller jusqu’à son arrivée dans nos boxes, elle a ensuite montré l’étalage de son talent dans la région avant de briller à Vincennes. Nos petits hippodromes de Province sont aussi des lieux de détente dominicale pour les passionnés, les familles viennent y passer d’agréables moments devant le spectacle des courses. Le côté convivial et chaleureux sont des atouts que ne possèdent pas certains hippodromes de 1ere catégorie, les tribunes sont combles, contrairement à bon nombre de réunions PMU. Combien d’apprentis ou professionnels d’aujourd’hui et d’hier ont eu la vocation en se rendant sur ces petits hippodromes durant leur enfance ? Si demain, nos dirigeants devaient profiter de cette aubaine pour fermer une partie de nos petits champs de courses, c’est la mort annoncée des petits entraîneurs provinciaux, ceux qui font leur beurre de mars à septembre. Nous nous répétons, sans les petits entraîneurs, c’est le début de la fin de nos courses, nous irons vers une élite dirigé par une élite. Un jour où l’autre, le château de carte s’écroulera totalement mais il sera trop tard pour revenir en arrière, le modèle de nos courses, enviés par le monde entier, sera définitivement mortes et enterrées.

 

 

Le PMU se trouve dans l’impossibilité de redémarrer totalement son activité, les points de vente actuels sont, pour le moment, largement insuffisants pour assurer les allocations de nos courses. Nous n’allons pas vous cacher que nous sommes tombés des nues en apprenant la nouvelle, nous pensions naïvement pouvoir reprendre normalement, malgré nos difficultés financières, qu’il était possible de pouvoir reprogrammer nos courses de mars, avril et mai dans le courant de l’année ou au pire, conserver cette enveloppe non distribuée aux socioprofessionnels pour 2021. Mais que nenni, cette perspective est impossible, ces courses seront purement et simplement supprimer du programme. Pour faire court, sans une reprise d’activité du PMU à hauteur de 75%, ils seront dans l’incapacité d’assurer nos allocations, une véritable aberration. Le système actuel est déplorable, le PMU alloue une enveloppe globale au trot et galop pour l’année, mais sans rentrée d’argent des paris au quotidien, ils sont incapables de nous garantir nos allocations. Après la crise, si celle-ci le permet, il faudra repenser le système économique mis en place car cette crise sanitaire n’est peut être qu’un début, il faudra absolument s’assoir autour d’une table pour éviter le scénario-catastrophe d’aujourd’hui. Il faut apprendre de ses erreurs, il est indispensable de se reconstruire d’une autre manière pour demain.

 

 

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