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Ecurie Kevyn Thonnerieux

Actualités de l'écurie Kevyn Thonnerieux, entraîneur et driver de chevaux de courses

Entraineur : profession maux de tête

Le métier d’entraineur est une perpétuelle remise en question, rien n’est jamais acquis. Vous n’avez pas le temps de savourer une victoire, qu’il faut déjà penser à la suivante. Le lendemain, tout est oublié, il faut tout recommencer à zéro. Si vous réalisez une bonne année, interdit de s’endormir sur ses lauriers, il faut déjà penser à l’année suivante pour faire aussi bien. Le plus dur est de se maintenir à niveau chaque année.

 

 

Dans ce métier, vous en apprenez tous les jours, il faut savoir écouter, en prendre et en laisser aussi, vous pouvez avoir raison le lundi et tort le mardi, c’est tout le charme des chevaux. Comme le disait si bien récemment l’éleveur des « Bourbon » ‘on ne sait qu’une chose avec les chevaux, c’est qu’on ne sait rien, mais le fait de le savoir est très important’. Dans ce milieu, vous pouvez très vite vous retrouver sous le feu des paillettes, grâce à un bon cheval, et retourner dans l’anonymat le plus complet en rien de temps.

Cette profession ne laisse aucun répit, nous naviguons entre entrainement le matin et course l’après-midi, nous passons des heures et des heures sur le sulky, sans parler des soins à effectuer au quotidien. Nous avons la chance, par rapport à beaucoup d’autres, de faire ce métier par passion, nous ne comptons pas nos heures, nous le faisons avec plaisir dans le but d’obtenir le meilleur de nos protégés. Notre but est de faire progresser nos chevaux, de penser à leur bien-être, ne rien laisser au hasard pour obtenir les meilleurs résultats. S’occuper le mieux possible de nos chevaux est une priorité, chaque cheval est différent, il faut savoir travailler de manière plus soft pour certains, quand d’autres ont besoin de travailler intensivement pour être au mieux. Il n’existe pas une seule et unique méthode de travail, il faut toujours savoir s’adapter en fonction des chevaux.

 

 

Etre entraîneur est aussi source de tracas au quotidien. Chaque jour, chaque mois, chaque année, vous devez obtenir les meilleurs résultats possibles pour pouvoir payer toutes les factures. Un seul mois en dent de scie peut très vite vous faire plonger. Beaucoup entraîneurs ont l’impression d’avoir réussi leur année, sans pour autant avoir des liquidités d’avance tant les charges mensuelles sont dures à supporter. Dans ce métier, vous n’avez que très peu le droit à l’erreur sous peine de plonger très vite dans les dettes, le but est de l’éviter pour ne pas fermer boutique. Ses dernières années, bon nombre d’entre nous ont cessé leur activité, que cela soit dans le trot ou le galop, ils ont pris les devants avant qu’il ne soit trop tard. La conjoncture actuelle ne nous permet pas d’être optimiste et de nous projeter dans l’avenir, il va falloir vivre au jour le jour, travailler d’arrache-pied et espérer une éclaircie dans ce ciel obscur.

Vous l’aurez compris, rien n’est facile dans ce métier, outre les risques que nous prenons en course ou à l’entrainement au quotidien, nous, petits entraîneurs provinciaux, sommes soumis à une énorme pression des résultats.

 

 

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