Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Ecurie Kevyn Thonnerieux

Actualités de l'écurie Kevyn Thonnerieux, entraîneur et driver de chevaux de courses

Comment sauver nos courses et la filière hippique ?

La filière hippique est en danger depuis maintenant plusieurs années,  depuis même plusieurs décennies, à cause de la baisse constante des enjeux PMU et du train de vie des sociétés-mères. Tout le monde en parle, cherche des solutions, des responsables, mais personne n’a pour le moment la solution-miracle pour réduire les déficits des sociétés-mères, et encore moins pour faire redémarrer les enjeux PMU.

Déjà dans les années 90, la stagnation, puis la baisse des enjeux PMU avaient obligé les sociétés de courses à se tourner vers l’Etat (voir compte rendu de la cour des comptes dans les années 2000). L’état au moyen de subventions a permis la survie de nos courses en France, mais en contrepartie, les sociétés mères devaient mettre des réformes en place, avec l’obligation de réduire leurs déficits annuels. Malheureusement, aucune réforme n’a vraiment abouti et les subventions ‘temporaires’’ ont perduré jusqu’ à ce que l’Etat ferme les vannes, faute de résultats. Aujourd’hui, les déficits se sont amplifiés, les réserves sont vides, la baisse des enjeux PMU s’accroit dangereusement, nous sommes dans une urgence absolue pour sauver nos courses (et les emplois) qui existent depuis plus d’un siècle.

Dans un premier temps, il serait peut être temps de faire des économies en réduisant une partie des allocations en région parisienne, où une dizaine d’entraineurs se partagent le gâteau aux détriments de centaines d’autres en province. Petit exemple, une course pour 4 ans n’ayant pas gagné 45.000 € offre 39.000 € aux 7 premiers à Vincennes contre 20.000 € à Marseille Vivaux pour la même catégorie d’âge n’ayant pas gagné 54.000€, soit près du double. Il n’y a aucune logique à cela, comment expliquer une telle différence, d’autres exemples tout aussi aberrants se comptent par dizaine.

 

 

Que doit-on faire pour relancer les enjeux ? Nous n’avons pas de réponse, beaucoup trop de paramètre rentrent en jeu. Le PMU doit déjà se montrer plus attractif pour attirer une clientèle jeune qui a disparu de nos hippodromes mais aussi conserver sa fidèle clientèle qui commence à être exaspéré par des rapports peu attrayants. Nous constatons également que la jeunesse ne vient plus sur les champs de courses comme nous pouvions le faire avec nos parents ou nos grands-parents par le passé, ce qui a suscité bon nombre de vocation dans le monde du cheval, mais surtout bon nombre de futurs parieurs. Aujourd’hui, les jeunes se tournent plus vers les paris sportifs, plus intéressant financièrement, plus simple à jouer et à comprendre qu’un pari hippique. Une simplification des jeux pourrait permettre aux nouvelles générations de se tourner vers les paris hippiques, surtout à l’heure où les smartphones sont devenus indispensables à notre jeunesse. Enfin, nous avons beaucoup trop de réunion PMU, notamment celles à l’étranger, qui suscitent que peu d’intérêt auprès des parieurs. Réduire bon nombre de réunions prémiums, diffusés sur Equidia, permettrait peut être, de donner envie aux turfistes de se déplacer sur nos hippodromes, avec enfants ou famille, pour en faire les turfistes de demain. Adapter les horaires des réunions serait aussi un grand pas en avant. Il faut en terminer avec les réunions matinales ou des semi-nocturnes qui se terminent a point d’heure, les turfistes ne peuvent pas jouer du matin jusqu’au bout de la nuit. Il faut normaliser les horaires également pour les socioprofessionnels qui travaillent leurs chevaux tôt le matin et qui sont sur la route le reste du temps pour se rendre sur les hippodromes. Notons aussi que le PMU est la structure qui reverse le plus à la filière hippique, ce qui  nous permet, depuis des décennies, d’avoir les allocations que nous envie l’Europe entière. Alors pourquoi, les autres opérateurs ne verseraient pas le même pourcentage que le PMU, ce qui n’est certainement pas le cas actuellement.

 

 

2019 sera un tournant pour nous tous, certaines mesures devraient être prises, notamment avec une baisse des allocations dans les jeunes catégories et les chevaux peu chargés en gains (en province)  avec en contrepartie, une augmentation éventuelle dans les grands prix de province (vieux chevaux). Nos dirigeants s’attaqueront peut être à la baisse des allocations parisiennes, notamment dans les courses pour apprentis, les réclamers, ou encore dans les jeunes catégories. Baisser la totalité des allocations sur tout le territoire serait une énorme erreur, il faut cibler pour ne pas mettre en péril bon nombre d’entreprise. Ne nous trompons pas, seules quelques grosses ‘maisons’ ne seront pas impacté par ses mesures, mais la plupart d’entre nous peuvent être rapidement en danger, beaucoup survivent tous les mois et courent après les allocations pour payer leurs charges et leurs factures mensuels. Enfin, il se murmure une baisse des réunions premiums dans la majorité des fédérations, qui se transformeront en PMH

Nous ne parlerons pas de nos dirigeants actuels qui ont été dans le déni durant des décennies, inutile de frapper sur des hommes à terre. Bon nombre d’entre eux ont déjà quitté le navire ou démissionné, quand d’autres s’accrochent encore à leurs postes, par peur de perdre leurs privilèges. Une refonte totale de nos dirigeants serait peut être une solution, sauf si une fois au pouvoir, ils font preuve d’inertie, comme c’est souvent le cas, notamment en politique.

Nous ne prétendons pas avoir les solutions aux problèmes, nous constatons juste certains faits comme beaucoup, notamment sur les réseaux sociaux où les réactions sont très virulentes et souvent fondées.  Nous sommes tous inquiets, nous voulons juste être entendus pour que nos dirigeants prennent enfin la mesure de nos attentes afin que nos entreprises puissent perdurer et que nous puissions enfin nous projeter dans l’avenir. Ne nous voilons pas la face non plus, l’état ne remettra pas la main à la poche pour sauver provisoirement la filière, il est inutile de compter sur une aide qui n’a pas permis de régler nos soucis par le passé.

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
Très très bel article ou tout est dit. Bon courage à vous toutes et tous qui faites un métier dur et ne comptez pas vos heures. Soutiens.
Répondre
P
Belle analyse David.
Répondre